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notabene :
toutes les images présentes sur ce blog sont ma propriété intellectuelle (sauf précisé).
merci de ne pas les copier ni en faire usage sans mon accord préalable.


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18 nov. 2009

Apnée

voldemag —le blog dont on ne dit pas le nom— m'a sollicité (merci Sand)
pour offrir régulièrement un cliché accompagné d'un texte.
voici le onzième, paru ici en novembre 2009.


Une sale nuit.

De celles qui s'étirent visqueuses. Verdâtre sous le néon. À se regarder les mains trembler sans trop savoir qu'en faire.
De celles où l'on vide les verres avec dégoût en regardant la ville endormie par la fenêtre. Étrangère.
De celles où résonnent les battements d'une vieille pendule. Des talons sur le trottoir au dehors. Une télé au loin.
De celles où le sel brûle les paupières. Où la nostalgie brûle la gorge.
De celles qui sont froides sans être sèches. Sous une couverture défraîchie par les années.
De celles qui ne s'achèvent pas avec le jour qui se lève. Quand le réveil crie dans le silence. Alors que, le front posé contre la vitre, tu regarde la buée perler depuis le plus noir de la nuit.

De celles qui présagent une putain de sale journée.

J'enfonce la touche qui la fera taire. Cette foutue alarme.
Le jour blanchit les murs à défaut de blanchir mon âme.

L'eau fouette mes épaules. Tale mes cernes. Traîne des traces oubliées de khôl en lignes verticales sur mes pommettes.

Je passe ma robe noire. Démaquille. Remaquille. Chausse mes escarpins. Vide de toute pensée. Dénuée de vie. Fatiguée de cette nuit sans sommeil. Des ces nuits sans sommeil. De ces mois sans sommeil.

Qui présagent une putain de sale journée.

Je dépasse une poussette sur le trottoir gris sombre. Sous le ciel gris clair.
J'entends l'enfant à côté de la poussette dire :
" Maman regarde ! Une princesse ! "

Présage d'une putain de bonne journée.
Je me retourne et lui offre mon plus beau sourire en guise de merci.

17 nov. 2009

FreakyFlow

voldemag —le blog dont on ne dit pas le nom— m'a sollicité (merci Sand)
pour offrir régulièrement un article. Il s'agit ici d'un article pour la rubrique Hocus Pocus qui dégote des artistes qui déboitent !
Voici le premier, paru ici en novembre 2009.


Fiche Technique


Blaz : FreakyFlow

Age : 30 - 2
Lieux d'action : Paris/Banlieue

Portfolio en ligne : ici

Spécialité : "Les macarons que j'arrive toujours pas à faire."
Influences artistiques : "Des trucs artistiques ? Heu j'ai pas de nom qui me viennent en tête, ni d'œuvre particulière. Si y a un truc que j'aime bien je sais jamais de qui c'est et ce que c'est. A part le Radeau de la Méduse de Géricault."

Avec ça, allez écrire une interview...
Reprenons.

Freakyflow est un graphiste et artiste de talent. Un jeune homme à la sensibilité de brin d'herbe qui pousse dans le bitume. Il vit. Envers et contre tout.

Freakyflow aime l'orange. Les lignes qui tranchent. L'épure stylistique. Le design d'objet qui se ressent dans son design graphique. Les traces de couleurs en aérosol. Les grosses pixels néogéoesques. Le japonisme et l'art nouveau. Les jeux de mots. Le hip hop. Les images. Observer.

Freakyflow n'est pas un artiste nuancé. Il ne se considère d'ailleurs pas comme artiste. Et je ne le considère pas comme nuancé.

Freakyflow, on ne l'emmène jamais sur un terrain qu'il ne veut pas fouler. On ne lui fait jamais dire ce qu'il ne veut pas ni prononcer ni penser. Il a son univers. Et y évolue, discret et percutant. Comme graver son nom sur la vitre d'une photocopieuse publique.

Freakyflow n'est pas un personnage. Il est. Tout en images.

Quand [zan'] était petite.

voldemag —le blog dont on ne dit pas le nom— m'a sollicité (merci Sand)
pour offrir régulièrement un cliché accompagné d'un texte.
voici le dixième, paru ici en novembre 2009.


Je jouais à la patamoglé.

Je pensais que le cordon ombilical reliait le nombril du bébé à celui de sa maman.

Je croyais que les poumons étaient comme deux sacs plastique.

Je faisais des cauchemars toutes les nuits. Et même lorsque je me réveillais, les cauchemars se poursuivaient. Je détestais ça. Je déteste ça.

J'imaginais que mes parents et mes sœurs avaient été remplacés par des extra-terrestres.

Je pensais que lorsque je tirais la chasse-d'eau il y avait tout un mécanisme (en bois) de cascades artificielles dirigé par des lutins. Comme le système des chutes d'eau au pays des schtroumpfs.

J'avais un pantalon jaune bouton d'or que ma maman m'avait fait. Ma sœur Coralie avait le même en plus petit. Ma sœur Dorine avait le même en encore plus petit.

J'avais fêté mes 3 ans quelques jours plus tôt. Ma plus petite sœur est née. Ma maman était à la maternité. Mon papa nous gardait. J'avais le droit de prendre une couche pour la mettre à mon nounours qui portait également mes bottes en caoutchouc bleu. J'ai appelé papa parce qu'il pleuvait dans la pièce à côté. Il avait gelé et toutes les canalisations d'eau avaient pété.

Je croyais qu'il y avait un tube pour avaler les aliments solides et un autre pour l'eau.

Je mangeais de tout. Même la "soupe au bœuf" que je détestais.

J'étais si fière d'avoir une maman jeune que je souhaitais être maman à 16 ans. Je voulais 6 enfants.

La maîtresse, dont je ne lâchais jamais la jupe et à qui je racontais des histoires faramineuses, m'appelait le Petit Prince.

Marlène, Anaïs et Cécile jouaient ensemble aux Petits Poneys dans la cours de l'école (Elles ne jouaient pas avec des Petits Poneys ! Elles étaient des Petits Poney: Les vieux wc extérieurs servaient de box improvisés). Je leur demandai si je pouvais jouer avec elles. Anaïs et Marlène refusèrent : "Tu es trop grande". J'avais un an de plus qu'elles. Cécile refusa : "Tu es trop petite." J'avais un an de moi qu'elle. Face à une telle mauvaise foi, je m'énervai. Et jettai un cailloux sur la tête d'Anaïs qui pleeeeeeura. Bon. Pas un cailloux. Une pierre. D'accord. La maîtresse m'envoya au coin. Vraiment trop injuste.

Je mangeais du gros sel et des pâtes sèches que je piquais dans l'armoire de la cuisine.

La veille de ma première (et unique) boum, ma maman, qui jouait avec nous à faire des ciseaux dans la cuisine, est tombée et s'est cassé le poignet. La boum a été annulée.

A l'école, le bouc émissaire était roux et il s'appelait Guillaume. Par empathie je lui ai dit "Si tu veux, plus tard, j'me marierai avec toi, si personne ne veut".

J'avais peur de demander à l'instituteur pour aller aux toilettes pendant le cours. Car il insistait à haute voix pour savoir si c'était urgent. J'ai fait pipi sur ma chaise. A l'heure de la cantine, le gentil Yohann a voulu ramasser la serviette que j'avais jeté "discrètement" à l'endroit de la flaque pour la couvrir. Et a découvert le pot au rose.

J'écrivais des mots d'amour à Stéphane que je glissais dans son verre. Comme si on ne voyait pas à travers...

A l'école il y avait des toilettes turques. Dehors. Sans chasse. Et profond. Avec des crocodiles au fond. C'est Marlène qui me l'a dit. Non pas la méchante : l'autre.

Je ne connaissais pas les chansons à la mode. J'écoutais avec mes sœurs et ma maman nos quelques k7 : Brassens, Pow Wow, Renaud, Duteuil, et Clayderman.

Je croyais que Clayderman était le compositeur de Lettre à Elise. Du coup.

Je pensais que l'Amour était un sentiment. Et que la Moure était l'acte simili-sexuel (ce que j'en imaginais à l'époque).

Je jouais à Cat's Eyes. Je détestais Candy. Et dans la cours de l'école nous étions une multitude de Biomans aux couleurs invraisemblables.

Je dormais sur le coté parce que mon corps était ainsi moins en contact avec le matelas et ça diminuait le risque de mourir si un assassin planqué sous mon lit avait idée de me foutre un coup de couteau.

La maman de nos copines Calou et Liou nous a donné des chewing-gums. Je devais avoir 7 ans. Mes sœurs 5½ et 4 ans. Notre premier chewing-gum. Une demi heure plus tard elle passe et nous demande de les recracher dans sa main. Stupéfactions. On a fait genre on les avait déjà jeté. C'est dégueulasse les chewing-gums.

Mon esprit vagabondait pendant les cours, et s'évadait par la fenêtre en suivant le premier mot du maître qui invitait au voyage. Du coup le maître me lançait des bouts de craie pour me ramener sur terre. Parfois je me baissais au mauvais moment (ou au bon ?) et c'est le gentil Yohann qui se prenait la craie, la ramassait surpris et se dirigeait vers le bureau du maître, la trouille au ventre. Le maître soupirait en me regardant.

10 nov. 2009

Des Papiers Pour Nos Mamans (suite)


ZERO !!
Tous les livres ont été vendus !
Nous remercions chacun d'entre vous pour votre soutien !

Nous recherchons toujours des partenaires ainsi qu'un éditeur !
Continuez de faire circuler l'info !

Pour ceux qui souhaite néanmoins réserver un exemplaire, nous pouvons les lister comme prioritaires dès la prochaine parution du livre qui ne saurait tarder.

Nos projets continuent... Stay tuned !

Une pensée à toutes nos mamans.

5 nov. 2009

Stand-by

voldemag —le blog dont on ne dit pas le nom— m'a sollicité (merci Sand)
pour offrir régulièrement un cliché accompagné d'un texte.
voici le neuvième, paru ici en octobre 2009.


La K7 arrêtée, en bout de course. Un bourdonnement. Les rouleaux, têtus, tirent désespérément sur la bande muette. Mais ne tournent plus. Pas d'auto-reverse. C'est con, c'est une 60mn. La fin de l'album dépassait. Il manque quelques titres. Et puis la voix s'est coupée net. Au beau milieu d'une phrase pourtant pleine de convictions. Pas que la voix ! La batterie ! Et le piano ! Et la contrebasse ! Et la trompette ! Comme ça. Stop. D'un coup. Sans préavis.
La face B déversera peut-être la suite, qui sait. Les mots posés sur la bande transparente resterons tus. Oubliés. Disparus. En suspend. Et reprendront alors. Soudain. Étrangers. Sans jonctions. Comme si de rien n'était.
Peut-être.
Comme ma vie en stand-by.

4 nov. 2009

Des Papiers Pour Nos Mamans

Le livre est enfin là !

Trois passionnés impliqués se sont activés pour lui donner vie :
Saadi aka Freakyflow, Amélie Rodot-Djennadi et moi-même !


"Des Papiers Pour Nos Mamans" est un joli livre pour enfant ayant pour vocation l’apprentissage de la tolérance et de l’ouverture à l’autre, pour mieux vivre ensemble. Il est destiné aux enfants de 2 à 7 ans.

A travers la découverte gourmande de quelques plats du monde, il s’agit de stimuler la curiosité intellectuelle vis-à-vis des goûts, couleurs et cultures venus d’ailleurs, au-delà des clichés et préjugés.

"Des papiers pour nos mamans" se veut également engagé en faveur du droit à mener une vie familiale normale pour les parents immigrés.

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Le livre vient d'être tiré en très petite série à 60 exemplaires afin de nous permettre de démarcher les éditeurs et de faire connaître ce projet.

Pour le commander, contactez nous via l'adresse despapierspournosmamans [at] gmail.com !

Prix : 15€ + frais de port
Format : 21x20cm
Pages couleur : 40
Reliure spirale

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Vous le commandez ?

❖ Remise de mains à mains pour Louhans et Lons-le-Saunier dès aujourd'hui.
❖ Remise de mains à mains pour Paris dès le 16 novembre 2009.
❖ Ajoutez les frais de ports et vous le recevrez très vite dans votre boite à lettre.

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Pour plus d'infos sur ce livre qui n'est pas un simple livre pour enfants vous pouvez cliquer juste à droite sur le lien vers la page Facebook qui lui est dédiée !

28 oct. 2009

Rideau !

voldemag —le blog dont on ne dit pas le nom— m'a sollicité (merci Sand)
pour offrir régulièrement un cliché accompagné d'un texte.
voici le huitième, paru ici en octobre 2009.



Chaque jour je viens. Chaque fin d'après-midi. Et j'attends. J'attends l'instant où elle allumera la lampe. Je ne connais d'elle que sa divine silhouette. Derrière le rideau lourd. L'ombre circule, danse, liane, longuement. Jusque des heures insensées parfois. Avant que ne s'éteigne la lampe. De l'appartement du dernier étage au numéro 15 de la Rue de la Fontaine. Où il n'y a pas de fontaine.

Chaque matin je noue avec soin ma cravate. Je lisse ma veste d'un revers de main. En révisant devant le miroir le sourire que je lui destine. Dans l'espoir qu'après le bureau, alors que je l'attends sur le trottoir, elle tire enfin son rideau. Mais il voile éternellement l'intérieur secret.

Les saisons passent. Défilent. Elle ne déménage pas.

Je préfère l'hiver. Elle y allume plus longtemps la lampe. Plus tôt.

La plante sur le balcon n'a pas été rentrée. Elle a dû geler la nuit dernière : il a fait si froid. Sait-elle tous ces petits riens pour lesquels je serais exceptionnel ? Le petit déjeuner au lit le dimanche matin est d'une banalité ! Moi je serais extra ordinaire : je changerais ses rideaux ! Je laverais ses vitres ! Je referais les joints. Je démonterais les volets inutiles. Je soignerais ses plantes toute l'année ! Et pour ça je dois dire que j'ai plutôt la main verte ! Elle ne gèlerait pas, là. Elle ne mourrait pas dehors. Seules. Tristes. Loin d'elle.

Ce soir encore j'attends. L'amour fait battre mes pieds gelés et je tremble à l'idée qu'elle ne rentre pas. Car qui pourrait appeler la police ? Comment leur expliquer mon inquiétude pour cette inconnue dont je suis éperdu ? Les soirs où elle n'allume pas, je me meurs ! J'angoisse ! Je panique ! Et j'attends toute la nuit !

Ah ! Lumière !
...Elle n'apparaît pas...
Je ne regarde pas ma montre. Le temps n'a pas le droit d'exister dans ces instants plein de Passion. Je saurai être patient... Il fait froid tout de même.
La voilà ! Ombre découpée dans le plus délicat des papiers noirs.
Elle passe. Glisse. Disparaît. Magnifique ballet. Dont j'imagine le chant.
Soudain elle s'approche. Grandit. Se précise. Vais-je découvrir enfin son minois ?
Mon cœur s'emballe ! Elle ouvre le rideau ! Et la fenêtre !
Dieu qu'elle est belle ! Je suis subjugué ! Entièrement conquis !
Ses cheveux en bataille sont une auréole angélique ! Son chemisier dessine une corps de... de rêve ! Ses sourcils froncés transcendent son intelligence ! Son teint est celui des murs ! Elle prend le pot de fleur qu'elle inspecte d'un air dépité. Ô oui ma Douce, sais tu, si j'étais ton mari, comme ces plantes seraient soignées ? Celle-ci est dans un piètre état... Moi je pourrais... Elle tourne la tête vers moi. Me voit. Je rougis. Réajuste ma cravate. Tente un timide sourire. Maladroit. Loin de celui que j'avais crée pour elle. Elle regarde le pot qu'elle tient. Hésite. À peine. Et le jette violemment. Il éclate à mes pieds. Elle aurait pu me tuer ! Je regarde. Bouche bée, je crois. Le pot en morceau. Son visage fâché. Elle crie d'une voix presque râpeuse :

"Dégage ou j'appelle les flics !"
Dieu que je l'aime...

8 juil. 2009

Mâle de toi

voldemag —le blog dont on ne dit pas le nom— m'a sollicité (merci Sand)
pour offrir régulièrement un cliché accompagné d'un texte.
voici le septième, paru ici en juillet 2009.



"La douleur bien ancrée dans ma chair. Abrupte. Brutale.
Je t'offre mon silence comme clef.
Les mots sont là. Juste derrière les lèvres closes.
Mais tu sais. Tu sais. Que dans la démesure de mes bras, la démesure de mes rires, la démesure de mes masques et de mes mots insignifiants. Tu sais que je veux noyer mes maux.
Pousse la porte scellée. Vois l'obscurité. L'abîme. Enserre la, cette boule de peine qui gangrène mon être. Enserre la de tes délicates mains. Et étrangle la. Jusqu'à l'assassiner. Jusqu'à la faire taire à jamais.
Avec toi je veux être sans paraître. Sauve moi d'elle. Je t'aime."